Pesticides interdits : plusieurs produits vendus en France pointés du doigt par une enquête européenne

Une enquête publiée par foodwatch en 2026 révèle la présence de pesticides interdits ou non approuvés dans plusieurs produits vendus en France, notamment des thés verts, du paprika et du riz basmati. Certains échantillons analysés dépassent même les limites européennes autorisées. L’étude pointe les failles du système européen sur les pesticides importés et demande un renforcement des contrôles alimentaires.

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Résidus de pesticides non autorisés : des produits du quotidien analysés en France

Une nouvelle enquête menée par l’ONG foodwatch révèle la présence de résidus de pesticides interdits ou non approuvés dans plusieurs produits alimentaires vendus en France. Riz, thé vert, paprika ou cumin : certains produits analysés contiennent des substances controversées, parfois au-delà des limites réglementaires européennes.

L’étude, publiée en mai 2026, s’appuie sur l’analyse de 64 échantillons achetés dans quatre pays européens, dont la France. Les résultats soulèvent des questions sur la sécurité alimentaire, les importations agricoles et les contrôles effectués sur les produits disponibles en supermarché.


Ce que révèle l’enquête sur les produits vendus en France

Parmi les produits français analysés figurent plusieurs références vendues chez Carrefour, Monoprix, Franprix, Intermarché ou encore G20. Les catégories les plus touchées sont :

  • les épices (paprika, cumin, curry),
  • les thés verts,
  • certains riz basmati importés.

Selon le rapport, 49 des 64 échantillons testés en Europe contenaient des résidus de pesticides et 45 produits présentaient au moins un pesticide non approuvé dans l’Union européenne.

Les produits français les plus concernés

Paprika doux moulu Ducros

Le produit « Paprika doux moulu Ducros », acheté chez Carrefour, affiche l’un des résultats les plus préoccupants côté français :

  • 18 pesticides détectés,
  • 2 dépassements des limites maximales de résidus (MRL),
  • 6 pesticides non approuvés dans l’UE.

Le laboratoire y a notamment détecté du chlorfénapyr à un niveau près de dix fois supérieur à la limite réglementaire européenne autorisée pour ce produit.

Riz Le Thai Taureau Ailé

Le riz « Le Thai Taureau Ailé » acheté chez Franprix contenait un résidu d’anthraquinone au-dessus du seuil réglementaire européen.

Thés verts vendus en France

Plusieurs thés verts analysés en France présentaient également des résidus de pesticides :

  • « Gunpowder Thé vert nature Twinings » : 4 pesticides détectés dont 3 non approuvés,
  • « Thé vert menthe Carrefour Sensation » : 3 pesticides non approuvés détectés,
  • « Thé vert Monoprix » : 2 pesticides non approuvés détectés.

Les épices, catégorie la plus contaminée

L’étude montre que les épices sont les produits les plus exposés aux résidus de pesticides interdits. Tous les échantillons de paprika, de chili et de cumin testés contenaient au moins un pesticide non autorisé dans l’UE.

Le paprika apparaît comme le produit le plus contaminé de l’enquête :

  • entre 7 et 22 pesticides détectés selon les références,
  • plusieurs substances interdites retrouvées simultanément,
  • des dépassements réguliers des seuils autorisés.

Quels pesticides ont été retrouvés ?

Parmi les substances les plus fréquemment détectées figurent :

  • le chlorfénapyr,
  • le bifenthrine,
  • le spirotétramate,
  • plusieurs néonicotinoïdes comme l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame.

Certaines de ces molécules sont interdites dans l’Union européenne en raison de leurs effets potentiels sur la santé humaine ou l’environnement. Pourtant, elles continuent d’être utilisées dans des pays tiers avant de revenir sur le marché européen via les importations alimentaires.


Pourquoi retrouve-t-on des pesticides interdits dans les aliments ?

Le rapport pointe ce que foodwatch appelle un « effet boomerang ». L’Union européenne interdit certaines substances sur son territoire, mais autorise encore leur fabrication et leur exportation vers d’autres pays. Les résidus reviennent ensuite dans les aliments importés consommés en Europe.

Autre problème soulevé : lorsque l’UE interdit un pesticide, les seuils de résidus autorisés dans les aliments ne sont pas automatiquement abaissés au minimum détectable.


Foodwatch demande un durcissement des règles européennes

À la suite de cette enquête, foodwatch appelle la Commission européenne à :

  1. interdire totalement l’exportation de pesticides non autorisés dans l’UE ;
  2. réduire automatiquement les seuils de résidus au niveau minimal détectable pour toutes les substances interdites.

L’ONG demande également davantage de contrôles sur les produits alimentaires importés et des sanctions renforcées contre les entreprises ne respectant pas les règles de sécurité alimentaire.


Ce qu’il faut retenir

Cette enquête européenne met en lumière la persistance de pesticides interdits dans plusieurs produits alimentaires vendus en France, notamment les épices et les thés verts. Même si tous les produits analysés ne dépassent pas les seuils réglementaires, la présence répétée de substances non approuvées relance le débat sur les importations alimentaires, la transparence des filières et les contrôles sanitaires en Europe.

Pour les consommateurs, ces résultats rappellent l’importance de vérifier l’origine des produits, de privilégier des filières contrôlées et, lorsque cela est possible, des références issues de l’agriculture biologique.

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